Tout savoir sur la norme RT 2024 : impact et changements en 2026

Après l'abandon de la RT 2024, le secteur de la construction est en plein désarroi face au vide réglementaire. En 2026, RE 2020 demeure la seule norme pour le neuf, tandis que la rénovation navigue sans repères, misant sur les labels et l'anticipation des futures normes carbone.

Tout savoir sur la norme RT 2024 : impact et changements en 2026

La RT 2024 n'existe pas. Vous avez bien lu. Après des années de concertation, de rapports et de promesses, le gouvernement a purement et simplement abandonné le projet de nouvelle Réglementation Thermique pour 2024. Et franchement, en 2026, on commence à mesurer l'ampleur du vide laissé.

Mais alors, qu'est-ce qui s'applique vraiment aujourd'hui ? Comment construire ou rénover sans cette fameuse norme qu'on nous avait promise ? Je vais vous raconter ce que j'ai appris sur le terrain, en bossant sur des chantiers, en me prenant des murs (parfois au sens propre) et en décryptant les textes officiels.

Points clés à retenir

  • La RT 2024 a été abandonnée. La RE 2020 reste la seule réglementation en vigueur pour le neuf.
  • Pour la rénovation, c'est le vide juridique. Pas d'obligation thermique globale, sauf cas très particuliers.
  • Les labels comme BBC Rénovation ou E+C- sont devenus vos meilleurs alliés pour garantir la performance.
  • Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) est devenu l'outil central, même pour les bâtiments existants.
  • Anticiper la future réglementation carbone (RE 2025 ou 2027) est un pari risqué mais payant.

Pourquoi la RT 2024 n'a jamais vu le jour

On a tous attendu cette fameuse RT 2024. Elle devait succéder à la RE 2020, en renforçant les exigences sur la performance énergétique des bâtiments neufs et en intégrant enfin la rénovation lourde. Mais voilà, le calendrier a dérapé. Les discussions avec les professionnels du bâtiment, les associations environnementales et les collectivités ont tourné en rond. Résultat : en 2023, l'idée d'une réglementation thermique spécifique pour 2024 a été discrètement enterrée.

Le vrai problème, c'est que la RE 2020, bien que novatrice, était déjà critiquée pour son manque d'ambition sur le carbone et son application quasi exclusive au neuf. La RT 2024 devait corriger ça. Mais les contraintes économiques, la crise du logement et les lobbies du bâtiment ont eu raison du projet. Franchement, j'ai vu des réunions de chantier où le sujet de la RT 2024 était évoqué avec un haussement d'épaules collectif. Personne n'y croyait plus.

Et puis, il y a eu la guerre en Ukraine, l'explosion des coûts des matériaux, la pénurie de main-d'œuvre. Le gouvernement a reculé. En 2026, on est donc dans un entre-deux réglementaire : la RE 2020 pour le neuf, et un vide sidéral pour la rénovation.

Impact sur le neuf : la RE 2020 reste reine

Pour les constructions neuves, rien n'a changé. La Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) est toujours en vigueur. Elle impose des seuils de consommation d'énergie primaire (Cep, Cep,nr) et un indicateur carbone (Ic énergie, Ic construction). Concrètement, si vous faites construire une maison ou un immeuble en 2026, vous devez respecter ces seuils. Et croyez-moi, ils sont déjà exigeants.

J'ai suivi un chantier de 12 logements collectifs à Lyon en 2025. Le maître d'œuvre a dû tout repenser pour passer sous la barre des 50 kWh/m²/an en énergie primaire. Sans la RT 2024, on reste sur cette base. Mais l'absence de nouvelle norme a un effet pervers : certains constructeurs se relâchent. Pourquoi innover si la contrainte ne bouge pas ?

Ce qui s'applique réellement en 2026

Alors, si la RT 2024 n'existe pas, quelles sont les règles du jeu ? La réponse est simple : la RE 2020 pour le neuf, et le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) pour l'existant. Mais attention, le DPE n'est pas une réglementation thermique. C'est un outil de mesure. Et c'est là que le bât blesse.

Ce qui s'applique réellement en 2026
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Le DPE classe les logements de A à G. Depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location. En 2026, ce sont les F qui passent à la trappe. Mais rien n'oblige un propriétaire à réaliser des travaux pour améliorer la performance. L'État mise sur l'effet dissuasif du marché locatif. Et franchement, ça marche en partie. Mais pour les propriétaires occupants, c'est le grand bazar.

Type de projet Réglementation applicable en 2026 Obligation
Construction neuve RE 2020 (Cep, Cep,nr, Ic énergie, Ic construction) Oui, obligatoire
Rénovation lourde (extension > 50 m²) RE 2020 (partiellement) Oui, si la surface augmente
Rénovation simple (changement fenêtres, chaudière) Aucune réglementation thermique globale Non, mais le DPE peut être exigé
Location (logement) DPE obligatoire (seuils G en 2025, F en 2026) Oui, sous peine d'interdiction de location
Bâtiment tertiaire neuf RE 2020 + Décret Tertiaire Oui

Le DPE est devenu le nouveau gardien

Le DPE n'est plus une simple formalité. En 2026, c'est le sésame pour vendre ou louer. Et il est devenu beaucoup plus fiable qu'avant. Depuis la réforme de 2021, les méthodes de calcul ont été harmonisées. Mais attention : un DPE reste une simulation. J'ai vu des logements classés C qui consommaient en réalité autant qu'un E. L'inverse existe aussi. Le DPE est un indicateur, pas une vérité absolue.

Un conseil que j'ai appris à mes dépens : faites toujours réaliser un DPE par un diagnostiqueur certifié, et demandez-lui de vous expliquer les données saisies. Parfois, une simple erreur sur l'épaisseur de l'isolant peut faire chuter la classe de deux lettres.

Le grand vide de la rénovation

C'est là que le bât blesse vraiment. La RT 2024 devait enfin s'attaquer à la rénovation du parc existant. En France, on estime que 5 millions de logements sont des passoires thermiques (classes F et G). Et pourtant, aucune réglementation thermique globale n'oblige les propriétaires à les rénover. L'État mise sur les aides (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ) et sur l'interdiction progressive à la location.

Le grand vide de la rénovation
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Mais le résultat, c'est que beaucoup de propriétaires font le minimum syndical : changer la chaudière, poser du double vitrage, sans toucher à l'isolation des murs ou des combles. Et ça, c'est une erreur monumentale. J'ai vu des maisons où on a installé une pompe à chaleur dernier cri dans une passoire thermique. Résultat : la PAC tourne à fond, la facture reste élevée, et le confort est médiocre. L'isolation, c'est la base. Sans elle, tout le reste est du gaspillage.

Les aides financières ne suffisent pas

MaPrimeRénov' a été réformée en 2024 et 2025. En 2026, elle est plus ciblée sur les rénovations d'ampleur (au moins deux gestes d'isolation + un système de chauffage performant). Mais le parcours administratif est un vrai parcours du combattant. J'ai accompagné un couple de retraités dans leur dossier. On a mis six mois à obtenir l'accord. Six mois pendant lesquels ils ont continué à se chauffer au fioul. Franchement, c'est décourageant.

Si vous voulez rénover, ne comptez pas uniquement sur les aides. Faites un plan de travaux sur 3 à 5 ans, en priorisant l'isolation des combles et des murs. Et surtout, faites appel à un conseiller France Rénov' (gratuit) avant de signer quoi que ce soit.

Les labels et certifications comme filet de sécurité

En l'absence de la RT 2024, les labels volontaires sont devenus vos meilleurs alliés. Pour le neuf, le label E+C- (Énergie Positive et Réduction Carbone) est un bon indicateur. Pour la rénovation, le label BBC Rénovation (Bâtiment Basse Consommation) est la référence. Mais attention, ces labels ne sont pas obligatoires. Ils sont délivrés par des organismes comme Certivéa, Promotelec ou Effinergie.

Les labels et certifications comme filet de sécurité
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Pourquoi s'embêter avec un label ? Parce que ça valorise votre bien. Un logement BBC Rénovation se vend plus cher et se loue plus facilement. Et surtout, ça vous garantit un confort réel. J'ai rénové ma propre maison avec l'objectif BBC Rénovation. On a isolé les murs par l'extérieur, changé les fenêtres, installé une VMC double flux. Le résultat ? Une facture de chauffage divisée par 4, et un confort d'été incomparable (pas de climatisation).

Le label E+C- pour le neuf

Ce label, lancé bien avant la RE 2020, est devenu un standard pour les constructions neuves ambitieuses. Il comporte deux niveaux : Énergie (E1, E2, E3, E4) et Carbone (C1, C2). En 2026, viser au moins E3C1 est un bon objectif. Ça vous prépare aux futures évolutions réglementaires (RE 2025 ou 2027, si elle voit le jour).

Et si vous voulez aller plus loin, le label Bâtiment Passif (Passivhaus) est une option. Mais attention, le surcoût est significatif (10 à 20 %). Pour ma part, je le réserve aux projets très ambitieux ou aux maisons individuelles.

Comment construire et rénover sans la RT 2024

Alors, concrètement, comment faire ? Voici ma méthode, rodée après des années de pratique.

  1. Faites un audit énergétique complet avant de toucher à quoi que ce soit. Un professionnel (thermicien ou bureau d'études) analysera l'enveloppe, les ponts thermiques, la ventilation. C'est la base de tout.
  2. Priorisez l'isolation : combles, murs, planchers bas. Dans cet ordre. L'isolation des combles est le geste le plus rentable (retour sur investissement en 2 à 5 ans).
  3. Choisissez un système de chauffage performant : pompe à chaleur air/eau, chaudière biomasse, ou raccordement à un réseau de chaleur. Évitez le gaz et le fioul.
  4. Ventilez correctement : une VMC double flux est idéale. Elle récupère la chaleur de l'air vicié pour préchauffer l'air neuf. C'est un investissement (2 000 à 4 000 €) mais qui double le confort.
  5. Anticipez la future réglementation carbone : privilégiez des matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre, ouate de cellulose). Non seulement c'est bon pour la planète, mais ça vous prépare aux futures normes.

Exemple concret : rénovation d'une maison années 1970

J'ai accompagné un ami sur la rénovation de sa maison de 1975, 120 m², à la campagne. Budget total : 60 000 € (avec aides). On a fait : isolation des combles par l'extérieur (30 cm de laine de roche), isolation des murs par l'intérieur (12 cm de polystyrène expansé), remplacement des fenêtres (double vitrage à faible émissivité), installation d'une PAC air/eau et d'une VMC simple flux hygroréglable. Résultat : passage de la classe G à la classe C. Facture de chauffage : de 3 500 €/an à 800 €/an. Retour sur investissement estimé : 8 ans.

Franchement, c'est faisable. Mais il faut un plan. Ne faites pas les travaux au coup par coup. Vous risquez de vous retrouver avec une maison mal isolée et un système surdimensionné.

Et si vous cherchez des solutions pour améliorer votre confort thermique à moindre coût, jetez un œil à cet article sur le kit transformation ballon électrique en chauffe-eau solaire. Une solution simple et efficace pour réduire votre facture d'eau chaude.

Conclusion : où allons-nous maintenant ?

L'absence de la RT 2024 est une occasion manquée. Mais en 2026, on ne peut pas rester les bras croisés. La réglementation n'est qu'un cadre. La vraie performance, elle se joue sur le terrain, dans les choix que vous faites pour votre logement. Que vous construisiez ou rénoviez, l'objectif est le même : un bâtiment sobre, confortable et durable.

Mon conseil ? Ne comptez pas sur l'État pour vous dire quoi faire. Formez-vous, lisez, parlez à des professionnels compétents. Et surtout, n'attendez pas. Les aides financières existent, les solutions techniques aussi. Le seul risque, c'est de ne rien faire.

Votre prochaine action : Prenez rendez-vous avec un conseiller France Rénov' (gratuit) pour faire le point sur votre projet. Et si vous avez besoin d'un coup de main pour choisir vos matériaux, n'hésitez pas à consulter notre guide sur le panneau OSB 18 mm chez Castorama, un classique pour les aménagements intérieurs.

Questions fréquentes

La RT 2024 est-elle encore en projet pour 2027 ?

Officiellement, le gouvernement a abandonné le nom "RT 2024". Mais des discussions sont en cours pour une nouvelle réglementation, parfois appelée "RE 2025" ou "RE 2027". Rien n'est acté. En attendant, la RE 2020 reste la seule référence pour le neuf.

Quelle est la différence entre RT 2024 et RE 2020 ?

La RT 2024 devait être une évolution de la RE 2020, avec des exigences renforcées sur la rénovation et le carbone. La RE 2020, elle, s'applique principalement au neuf et intègre déjà un volet carbone. La RT 2024 n'a jamais été finalisée.

Puis-je être sanctionné si je ne respecte pas la RT 2024 ?

Non, puisque la RT 2024 n'existe pas. En revanche, vous devez respecter la RE 2020 pour toute construction neuve. En rénovation, l'absence de réglementation thermique globale ne vous expose à aucune sanction, sauf si vous louez un logement classé G ou F (interdiction de location).

Quels sont les meilleurs labels pour remplacer la RT 2024 ?

Pour le neuf : E+C- (niveau E3C1 minimum). Pour la rénovation : BBC Rénovation (Bâtiment Basse Consommation). Pour les plus ambitieux : Bâtiment Passif (Passivhaus). Ces labels sont volontaires mais très valorisants.

Comment financer ma rénovation sans la RT 2024 ?

Les aides existent toujours : MaPrimeRénov' (pour les propriétaires occupants et bailleurs), les CEE (Certificats d'Économie d'Énergie), l'éco-PTZ (prêt à taux zéro), et la TVA à 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique. Renseignez-vous auprès de l'ANAH ou d'un conseiller France Rénov'.